INTRODUCTION, 5
20 Le P. Thomassin, qui vint occuper le poste de Vadakencoulam, acheva la construction de l’église, gagna les chrétiens par sa patience, sa douceur et son humilité, extirpa les abus et les superstitions et fit fleurir la foi, la piété et la ferveur dans cette chrétienté. Sentant sa fin approcher, il se fit porter auprès du P. Ant. Douarte, provincial, reçut les derniers sacrements et mourut en 1775, âgé de soixante-quinze ans. Les chrétiens le vénèrent commé un saint, donnent son nom à leurs enfants et visitent son tombeau avec une extrême dévotion. Les païens eux-mêmes n’en parlent qu’avec respect, l’invoquent dans leurs détresses et prétendent que souvent son intervention fait tomber les pluies du ciel sur leurs moissons.
3° Le P. Massour, vers le même temps.
49 Le P. Ant. Douarte, dernier provincial, résidant à ‘ Manapade. On loue sa modestie et sa douceur qui lui avaient gagné tous les cœurs. Chargé d’années et d’infirmités, il fut saisi d’une violente crise dans la visite de ses chrétientés, déclara qu'il n’avait plus que trois jours à vivre, se fit porter à Manapade, convoqua tous les chrétiens, leur donna ses derniers avis comme un père à ses enfants, les exhorta à la paix, à l’union et à la constance dans la foi, leur promit que la Compagnie de Jésus serait, rétablie et leur enverrait de nouveaux missionnaires. Un témoin oculaire, de qui nous tenons ce récit, ajoute que tous les chrétiens fondaient en larmes et répondaient à leur père par leurs cris et leurs sanglots. Ensuite le P. Douarte enferma certains papiers dans une boîte de ferblanc, qu'il scella de son sceau et remit aux chefs de la chrétienté, en les chargeant de la conserver avec soin et de la remettre au futur provincial, qui seul avait le droit
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